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Grossesses de la honte

Par S. Naamane; Chakib Guessous;

Grossesses de la honte Format : 13x20,5
Pages : 240
ISBN : 9954-415-37-8
Parution : 2005
Prix :40Dhs

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Description:
« On ne peut parler, dans le cas du Maroc, de mères célibataires. Ce terme est adapté aux sociétés occidentales, permissives, où la célibataire fait le choix d’enfanter en dehors du mariage ou accepte de garder son enfant. Dans notre cas, aucune fille célibataire ne choisit de tomber enceinte hors mariage. » A côté de cette définition de l’association Solidarité Féminine nous en avons une autre, complémentaire : « Une mère a toujours de l’amour pour l’enfant qu’elle a porté. L’origine de l’enfant, légitime ou illégitime, n’altère pas cet amour. En bonne musulmane que je pense être, j’ai essayé de trouver des solutions pour soulager les souffrances des filles et éviter à des enfants de grandir loin de leurs mères. Je me suis engagée dans cette cause, en m’interdisant de juger les filles mères. Je laisse ce soin à Dieu. » Par ces mots, Aïcha Ech-Channa, présidente de Solidarité Féminine, donne le ton de cet ouvrage à mi-chemin entre étude sociologique et témoignage grand public.

Extrait:
Malika a vécu à Casablanca, avec son père et sa belle-mère, jusqu’à l’âge de 8 ans. Elle n’a jamais pu demander d’informations sur sa mère. Le sujet était tabou. Ses souvenirs d’enfance ? Elle découvre son corps et l’exhibe à mon regard effaré. Son ventre, ses fesses, ses cuisses, ses bras et ses jambes sont entièrement marqués par des traces de brûlures. « Ma belle-mère me brûlait avec un tison. » Ses cuisses portent des auréoles bleues. « Elle pinçait quand je faisais mal mon travail. » Scolarisée pendant 6 mois, elle quitte l’école pour s’occuper, à 7 ans, de son demi-frère nourrisson. Jamais elle ne s’est plainte à son père parce qu’elle était terrorisée par sa tortionnaire et parce que son père ne lui a jamais manifesté de tendresse. Elle a 8 ans quand son père l’appelle au salon, en présence d’un couple : « Tu vas aller avec ces gens. Ils vont bien s’occuper de toi et te traiter comme leur fille. Tu échapperas à la violence de ma femme. » Malika se retrouve à Taourirt, dans l’Oriental, comme petite bonne. Elle échappe aux brûlures mais est battue. Malika travaille pour le couple et ses deux fils. L’aîné est un islamiste pur et dur, barbu, qui passe le plus clair de son temps en prière, enfermé dans sa chambre. Un homme bien, respecté pour sa piété ! La petite fille grandit sans nouvelles de son père. A 16 ans, son corps s’arrondit, prend des reliefs. Elle devient, sans s’en rendre compte, une femme désirable au point que l’islamiste de 27 ans succombe à son charme. « Un jour, alors que la famille était invitée à un mariage, l’islamiste m’a coincée dans la cuisine. Il m’a forcée. Je pensais avoir été déflorée. J’ai pleuré. J’ai tout raconté à sa mère. Elle m’a menacée de m’emmener à la police si je continuais à mentir. Je me suis tue et j’ai supporté le fils aîné pendant des mois. »