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» Article paru dans l'Express (18.05.06)
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Le drame linguisitique marocain

Par Fouad Laroui

Le drame linguisitique marocain Format : 13 x 21
Pages : 192
ISBN : 978-9954-1-6736-6
Parution : 2011
Prix : 80 Dh

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Description:
Les Maghrébins se trouvent confrontés, dès leur petite enfance, à plusieurs langues : la langue maternelle, d’abord, qui peut être l’arabe dialectal ou une des variantes du tamazight (berbère), ou le français, dans le cas d’enfants de couples mixtes. Il y a ensuite les langues de l’enseignement, dès les premières années du primaire. C’est le plus souvent l’arabe classique/littéraire, mais ce peut être aussi le français ou même, depuis quelques années, l’anglais. Au gré des réformes et contre-réformes qui se succèdent, certaines matières scientifiques sont enseignées en français… ou non. Cette diversité linguistique représente un défi redoutable. Les graves problèmes que rencontre l’enseignement au Maghreb depuis des décennies sont en grande partie causés par cet état de fait. Il ne fait donc aucun doute que la question linguistique est fondamentale dans ces pays. On ne peut faire de prévisions sur leur évolution générale sans essayer d’imaginer comment cette question-là va évoluer. En effet, elle s’insinue partout, dans tous les domaines de la vie du pays, dans l’économique, le social, le politique, le culturel. Il est donc illusoire de prétendre faire de la prospective générale sans la prendre en considération. Encore faut-il le faire sans a priori idéologique, sans préjugés ni tabous, et sans que la raison ne le cède aux « raisons du coeur ». C’est ce que fait ici Fouad Laroui, dans le cas du Maroc.

Extrait:
[En parlant de l'arabe classique]Il est évident que [la] surabondance lexicale rend d'autant plus difficile l'apprentissage de l'arabe classique. Surtout que cette quasi-infinité de substantifs, de verbes et d'adjectifs se rencontrent dans les livres, la poésie, les dictionnaires et non dans la vie quotidienne, où ce sont les dialectes qui "nomment" les choses -ce qui en rend l'apprentissage beaucoup plus "naturel". [...] Cela signifie que l'arabe classique est et restera l'apanage d'une petite caste de lettrés : ceux qui ont le temps, l'énergie et les capacités intellectuelles nécesssaires pour tenter d'"en approcher les limites". Ceux-là s'opposeront toujours à la moindre réforme [...].