Le féminin en miroir entre Orient et Occident
Par
J.e. El hani
/
I. Krier
Format : 13x20,5
Pages : 360
ISBN : 9954-415-35-1
Parution : 2005
Prix : 85 Dh
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Description: La différence des sexes relève-t-elle de caractères essentiels ou de déterminations culturelles ? Telle est l’interrogation directrice de cet ouvrage. Les stéréotypes sur l’identité des femmes, conçue comme ensemble homogène régulièrement dévalorisé, sont si solidement ancrés dans le passé et dans les mentalités, qu’il nous a semblé nécessaire de recourir à l’interdisciplinarité pour les bouleverser. Plusieurs angles d’études ont été convoqués : juridique, littéraire, psychanalytique et philosophique. Les articles réunis ici entendent refléter l’état actuel de la recherche sur la question du féminin au Maroc et en France. Ils nous invitent à nous immerger dans la culture et dans l’histoire de ces deux pays pour y découvrir comment les femmes ont été représentées sur la scène publique, dans l’imaginaire littéraire, ainsi que dans les corpus psychanalytique et philosophique. Ils montrent aussi l’implication des femmes dans la vie sociale, politique et culturelle, en dépit de l’écartement qu’elles ont souvent subi.
Extrait: En examinant la question de la différence des sexes dans le corpus traditionnel français et arabo-musulman, nous avons tenté d’échapper au préjugé qui consisterait à admettre une mysogynie trans-historique et universelle de la philosophie. Conjointement aux litanies qui manifestent un certain mépris à l’égard du féminin, d’autres philosophes, plus rares certes, brouillent la différence des sexes, reconnaissent sa dimension idéologique et vont même jusqu’à défendre la cause féminine. Nous avons été forcés de constater que les livres de ces philosophes avaient souvent un statut plus ambigu en tant qu’ils n’incombaient ni à la philosophie ni à la littérature seules : essais, confessions, contes, romans. Dans ce cadre, je me suis intéressée plus spécialement à Montaigne. Ce sceptique moderne, en un même mouvement, récuse l’illusion ontologique et admet le caractère culturel de la différence des sexes. Dans l’étape ultime de son œuvre surtout, il élabore une critique serrée de la société patriarcale de la Renaissance. La perturbation des catégories établies sur la différence des sexes s’accomplit, d’autre part, dans une double androgyne, celle de la peinture de soi et celle de l’écriture des Essais. Diderot est aussi l’un des rares philosophes des Lumières à avoir rejeté toute différence essentielle entre les sexes.
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