Le Harem entr'ouvert
Par
Aline Réveillaud de lens
Format : 15x22
Pages : 232
ISBN : 978-9954-415-97-1
Parution : 2009
Prix : 65 Dh
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Description: "Le Harem entr'ouvert d'Aline Réveillaud de Lens est un petit bijou de la littérature féminine dite coloniale. Composé d'une succession de courtes nouvelles, cet ouvrage nous offre une série de portraits de femmes tunisiennes et marocaines du début du XXe siècle. L'auteur découvre le Maghreb dans les années 1910 et 1920 moment d'expérimentation (pour la Tunisie) ou de confrontation (pour le Maroc) de la domination coloniale. Elle s'intéresse d'emblée aux femmes qu'elle croise, au gré de ses pérégrinations. Sans complaisance et sans fausse empathie, Aline de Lens a réussi, à entrer dans ces mondes féminins (grande aristocratie, bourgeoisie moyenne, classes populaires) et à en décrire leur quotidienneté jusque dans les détails les plus infimes. Elle offre au lecteur des moments saisissants (accouchement, mariage, répudiation, deuil, infidélité, espoirs...) de l'existence de ces femmes. Avec son regard de peintre, sensible et acéré, elle décortique ces univers féminins dans leurs logiques propres, leurs drames, leurs joies et leurs violences.".
Extrait: "Mon amie Lella Zohra m'avait invitée à passer quelques jours chez elle. Je regarde, toujours avec le même émerveillement, la cour somptueuse qui s'ouvre devant ma chambre. Le soleil du soir dore les arcades festonnées, et colore de mille reflets le sommet du jet d'eau qui fuse, très svelte, vers le ciel.
Ce jet d'eau me fatigue..., il est d'une insolence bruyante. Nuit et jour, il s'élance et crache avec une rage que rien n'apaise. L'eau retombe dans la vasque de marbre au milieu d'un éclaboussement irisé, puis rebondit dans le bassin toujours mouvant. Il semble qu'on entende des murmures, des bruits de pas et de voix parmi le fracas des eaux.
Ce jet d'eau prend une importance démesurée dans le silence.
A cette heure le palais du pacha paraît désert. Les esclaves sont toutes montées aux terrasses. Lella Zohra seule reste au rez-de-chaussée, comme il convient à une Slaouia de bonne famille. Elle vient s'accroupir près de moi et nous causons... Pour la centième fois, elle me raconte l'événement formidable de son existence, dont son esprit est toujours hanté : la nuit tragique, la prison, la torture..."
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