Les étoiles de Sidi Moumen
Par
Mahi Binebine
Format : 13x20,5
Pages : 152
ISBN : 978-9954-1-67-18-2
Parution : 2010
Prix : 78 Dh
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Description: Yachine raconte comment il a grandi vite et il est mort encore plus vite, à Sidi Moumen, situé en lisière de Casablanca, parmi ses dix frères, une mère qui se bat contre la misère et les mites, et un père ancien ouvrier, reclus dans son silence et ses prières. C'est un enfer terrestre qui a l'odeur des décharges publiques devenues terrains de foot, du haschich et de la colle qui se sniffe, des plongeons interdits dans la rivière tarie, des garages à mobylettes déglinguées. Alors, quand on leur promet le paradis, qu'ont-ils à perdre, lui et sa bande d'amis «crève-la-faim» ?
Un roman tragique et lumineux, plein de mauvaises farces et de drames muets, d'errances et de poussière, de fraternités et de trahison.
Extrait: «Quoi ? Je divague .' Et alors ? Que puis-je faire d'autre maintenant que la solitude me consume et que je rôde comme un fantôme étranger sur le royaume de mes souvenirs d'enfant. Je n'ai pas honte de vous dire qu'il m'est arrivé d'être heureux dans ces décombres hideux, sur les ordures de ce cloaque maudit, oui, j'ai été heureux à Sidi Moumen, mon pays...
Longtemps avant la démocratisation des antennes paraboliques, il fleurissait sur les toitures de notre cité d'ingénieux bricolages à base de couscoussiers permettant la réception des émissions étrangères. En vérité, les images étaient floues, quasi cryptées, mais on devinait tout de même le sillage des silhouettes et le son restait à peu près correct on suivait tout particulièrement les chaînes espagnoles et portugaises pour le foot, les allemandes pour la pornographie (dont la mauvaise qualité de l'image avait le mérite de transmuer la bestialité en érotisme), et enfin les chaînes arabes pour notre dose quotidienne du conflit israélo-palestinien et les méfaits de l'Occident cannibale. La télévision couleur restant inaccessible pour la majorité des sujets de Sa Majesté, on disposait d'un film en plastique coloré qu'on appliquait à l'écran : trois bandes horizontales, bleu azur pour la partie supérieure, évoquant poétiquement le ciel, un jaune pâle au centre, enfin un vert gazon pour la partie inférieure. En résumé, nous avions droit à des étincelles d'images sous un plastique multicolore, souvent rayé et sale. Aussi, en raison de la surdité de mon père, nous mettions le volume si haut que nous étions contraints de voir la même chaîne que nos voisins pour ne pas faire désordre. Et malgré cela, nous nous réunissions tous les soirs, petits et grands, autour de cette lucarne magique, ouverte sans vergogne sur les curiosités du monde..."
Interview à propos du roman :
http://www.mahibinebine.com/Mahi_BineBine/Accueil.html
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