Dada l'Yakout
Par
Nouzha Fassi fihri
Format : 13x20,5
Pages : 296
ISBN : 978-9954-1-6713-7
Parution : 2010
Prix : 55 Dh
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Description: Volée à l'âge de sept ans, Jmia, renommée Yakout, circule de ville en ville au gré des transactions entre ses maîtres, développant dans ces migrations un langage coloré et un goût prononcé pour la transgression. Son dernier propriétaire en fait don à un dignitaire dont elle rejoint la famille. La civilisation aboutie de cette maison citadine, accueille l'esclave venue de hors les remparts comme un personnage central, qui agrémentera le service des lieux. Aux noces de la fille aînée, elles partiront ensemble pour une nouvelle vie, entourant d'une double protection les enfants qui naîtront du couple. Se nourrissant de leur amour, Yakout leur révélera le récit de sa jeunesse détournée. Nouzha Fassi Fihri racont à son tour cette histoire, afin que Jmia et Yacout se rejoignent, comme les deux pièces du symbolon. Un bel hommage aux femmes qui ont conquis entre des murs leur liberté.
Extrait: "Chaque saison apportait son lot de provisions de bouche. Et les femmes de mon père avaient fort à faire tout au long de l'année. Elles mettaient les raisins à fermenter pour produire le vinaigre, faisaient macérer les olives dans du sel et de l'orange amère et confire les citrons. Elles distillaient les roses et les fleurs d'oranger, roulaient le couscous, triaient le blé ou l'orge, concassaient les fèves...
Ces préparations étaient l'occasion pour elles de convier les voisines, qui profitaient de l'absence des hommes pour se retrouver. Chacune mettait la main à la pâte. Assises en tailleur autour d'une table ronde, ou courbées sur un grand plat creux en terre cuite, elles donnaient libre cours à leurs rires, plaisantaient, chantaient, faisaient tourner le tambourin au dessus de la tête des autres. Il leur arrivait aussi de monter sur la table où le grain était étalé, et elles dansaient, encouragées par leurs mains.
Lorsque le fils en faction au bout de la rue apparaissait, haletant, pour prévenir du retour de mon père, ces dames s'éclipsaient comme par enchantement et les coépouses faisaient disparaître les vestiges de ce moment de liesse volé à la vigilance de leur redoutable mari."
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