Pollens - Mahi Binebine
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Format : 13x21, 160 pages
ISBN : 9954-0-0102-6
Parution : 2002
Prix : 50 Dh |
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Description :
« Pollens, à l'inverse de ce titre banal, est une errance dans le songe, le fantastique où une passion presque prétexte — celle de Pierrot pour Sonia — se transforme en un conte métaphysique qui glisse perpétuellement entre réel et folie. Loin de la légèreté d'un début de roman dans lequel on entre presque distraitement avant de se retrouver happé dans un Maroc profond jamais décrit, mais jusqu'ici jamais mieux rendu. Quelques portraits suffisent à camper un pays des petites gens face au maghzen, cette administration toute puissante qui quadrille le territoire. A Kétama, le seul nom de celui qui l'incarne, "le seigneur Moussa", inspire peur et dévotion obligée. Sa cruauté a rendu Pierrot borgne. Et la métaphore donne la dimension de Tristan et Iseult à l'affrontement du héros, mû par son amour pour Sonia — sa folie ? — avec "seigneur Moussa". Comme elle transforme "M. le ministre" en héros positif face à un maghzen qui organise sa déchéance par l'humiliation publique d'un paquet jeté à ses pieds : sa fille "rendue" au soir de ses noces avec ces mots qui tuent "non vierge". "Je ne suis pas fou, simplement impuissant comme la plupart des gens qui vivent dans ce pays", dit encore Pierrot dans sa quête éperdue qui le conduit, inexorablement, au bout d'une désespérance et d'un délire devenus destin. » (extrait d'un article de José Garçon, Libération, 4 octobre 2001) |
Extrait :
…Dans l’entourage du palais, on cherchait à écarter coûte que coûte ce ministre devenu encombrant, tant son aura grandissante faisait d’ombre autour de lui. Mais comment se débarrasser d’un patriote de sa trempe ? Un homme qui avait dédié sa vie à son pays, qui avait payé dans sa chair la défense de ses convictions, qui traînait encore les plaies vives de la torture et de l’exil ! Comment chasser cet individu sans provoquer d’émeutes dans le pays, à tout le moins dans le nord dont il était un ressortissant ? Un accident de voiture aurait pu régler l’affaire, voire une malencontreuse morsure de serpent, ou encore la bonne vieille recette du curare versé dans sa nourriture, mais le général ayant fomenté le coup était autrement plus subtile et machiavélique. La pire des punitions que l’on puisse infliger à un humain est de s’attaquer à sa progéniture. Et le dit général n’était pas homme à faire dans la demie mesure. D’autant qu’il vouait une haine sans frein à ce ministre dont le mot d’ordre affiché était de renvoyer les militaires dans leurs casernes.
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Du même auteur :
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