Le griot de Marrakech - Mahi Binebine
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Format : 13x21, 104 p., 36 photos
ISBN : 9954-415-47-5
Parution : 2005
Prix : 99 Dh |
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Description :
C’est Marrakech, appelée « la ville ocre » qui est l’héroïne de cet ensemble de nouvelles.
Les superbes photos de Luis Asin n’illustrent pas les textes, elles en sont une autre vision.
Une ville, deux regards.
Mahi Binebine, visite Marrakech et se laisse prendre par la magie des lieux. Avec son regard d’artiste, avec ses mots, son imaginaire d’enfant de Marrakech, il se rend à la place Jamaa el Fna et cela donne « Le souffle du griot », à la Ménara, c’est « La noyade du négrillon », à Dar Belarej et c’est « Les visiteurs du ciel ». Je citerai « L’homme tronc», «Le bain des bossus», et «Les caprices d’Itimad» parce qu’ils ont réveillé de vieux souvenirs. Je vous laisse découvrir les autres, je suis sûre qu’elles feront écho à des souvenirs, des contes. Ce n’est pas du déjà vu, non juste un goût, une odeur, un son d’une autre vie, peut-être la vôtre, peut-être pas. |
Extrait :
« A dix ans, je fréquentais encore le bain des femmes. Mère refusait de me confier à mon frère aîné pour cette besogne hebdomadaire. Elle se méfiait comme du diable de ce lieu propice à tous les vices, à toutes les tentations, surtout pour la frêle créature que j’étais. Ma petite taille m’avait ainsi condamné à suivre ma mère, tous les dimanches matins, au hammam Addi. Une épreuve humiliante qui faisait le bonheur des camarades qui me voyaient passer, mon seau à la main, en direction de l’enfer. Longtemps j’ai eu à subir cet univers glauque, humide, peuplé de chair flasque, de fesses pour la plupart gigantesques, de mamelles pendantes comme des outres à moitié vides, de pubis broussailleux sous des ventres dégoulinants, et une profusion de cris stridents répercutés par mille échos fantomatiques. Ces pénibles séances étaient interminables. Ravies de s’y retrouver entre elles, les femmes y passaient des heures et des heures à bavarder, à rire ou à se crêper le chignon pour un carré de mosaïque ou une malencontreuse éclaboussure. Le hammam était alors le centre névralgique de tous les cancans du quartier.»
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Du même auteur :
Terre d’ombre brûlée
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Pollens
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Le sommeil de l'esclave
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