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Eugénie Grandet - Honoré de Balzac
Format : 12x17
ISBN : 9954-415-19-X
Parution : 2005
Prix : 15 Dh
Description :
Dans « Eugénie Grandet » l’héroïne c’est bien elle, l’héritière amoureuse, victime sublime d’un père inexorable, un monstre d’avarice et d’un amour qui n’est pas à la hauteur. Le héros, c’est Félix Grandet, dit le père Grandet, ou Monsieur Grandet, ou Grandet tout court, ou le tonnelier, le vigneron, le bonhomme. Toutes désignations caractérisantes qui ne suffisent pas à faire le tour d’un homme plus riche encore de perversions que d’or et d’argent Et puis il y a la Grande Nanon, laide à plaisir, la servante au grand cœur, qui finira par trouver un homme. Et la pieuse et bonne Mme Grandet, mère complice, compatissante, martyre, première victime du Monstre. Et Charles, le beau jeune homme bouclé, parfumé, sensible, qui finira par tuer quatre hommes, faire fortune et trahir celle qui l’aime à n’aimer que lui, et Dieu. Les autres personnages, des comparses, qu’on ne distingue pas toujours très nettement parce qu’ils se ressemblent dans la grisaille, les Cruchot, les des Grassins, sont là en toile de fond, une toile grouillante et pas très jolie. Mais lisons Balzac qui demandait « des mots au silence et des idées à la nuit ».
Extrait :
Depuis la maladie de sa femme, il n’avait plus osé se servir de son terrible : ta, ta, ta, ta, ta ! Mais son despotisme n’était pas désarmé par cet ange de douceur, dont la laideur disparaissait de jour en jour, chassée par l’expression des qualités morales qui venaient fleurir sur sa face. Elle était tout âme. Le génie de la prière semblait purifier, amoindrir les traits les plus grossiers de sa figure, et la faisait resplendir. Qui n’a pas observé le phénomène de cette transfiguration sur de saints visages où les habitudes de l’âme finissent par triompher des traits les plus rudement contournés, en leur imprimant l’animation particulière due à la noblesse et à la pureté des pensées élevées ! Le spectacle de cette transformation accomplie par les souffrances qui consumaient les lambeaux de l’être humain dans cette femme agissait, quoique faiblement, sur le vieux tonnelier dont le caractère resta de bronze. Si sa parole ne fut plus dédaigneuse, un imperturbable silence qui sauvait sa supériorité de père de famille, domina sa conduite. Sa fidèle Nanon paraissait-elle au marché, soudain quelques lazzis, quelques plaintes sur son maître lui sifflaient aux oreilles ; mais, quoique l’opinion publique condamnât hautement le père Grandet, la servante le défendait par orgueil pour la maison.
 
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